zoom sur les gestes qui vous trahissent

Recruteurs : les gestes qui vous trahissent

En tant que recruteur, il vous arrive très souvent de scruter les gestes de vos candidats lors des entretiens d’embauche. L’un tapote sur sa cuisse, l’autre se mordille la lèvre, celui-là osera même poser ses coudes sur votre bureau ! Des comportements qui vous agacent et qui, inconsciemment, peuvent parfois être rédhibitoires. Et bien, à l’heure où le rapport de force entre candidats et recruteurs s’inverse, les candidats eux aussi vous observent et certains gestes vous trahissent. Décryptage.

Vous êtes sans doute déjà sorti d’un entretien avec un candidat qui a les bons diplômes, un discours bien rodé, et pourtant quelque chose vous arrête. Vous osez même un « ce candidat, je ne le sens pas ». Pourquoi ? La raison est simple et provient d’une étude souvent citée en communication : un message passerait à 7 % par les mots, à 38 % par l’intention et à 55 % par le langage corporel. Vous n’avez à l’évidence pas reçu le bon message. Alors, dans la mesure où l’entretien est un échange, vous avez, vous aussi en tant que recruteur, des messages à faire passer : vous êtes une fenêtre ouverte sur l’entreprise. Sans entrer en détails dans la science des gestes – 80 % d’entre eux changent de sens suivant le contexte – intéressons-nous à ces comportements qui trahissent vos intentions et qui sont souvent inconscients.

#1. Préambule

Songez à ce qui vous agace le plus chez un candidat. Vous êtes nombreux à mettre le retard en tête de liste car il est signe d’impolitesse et de non-respect de votre temps. Et bien savez-vous que c’est également la réponse formulée par les candidats lorsqu’on leur demande ce qui les dérange chez un recruteur ? Avoir 15, 20, 30 minutes de retard n’est pas moins impoli pour un recruteur. Votre temps est-il plus précieux que celui qui recherche un emploi ? Certainement pas. Un tel comportement renvoie non seulement une mauvaise image de vous, mais aussi sur l’entreprise en général. Nous mettons de côté bien entendu les impondérables pour lesquelles il conviendra toujours de s’excuser.

#2. Tout commence par une poignée de main !

La poignée de main est votre premier échange avec le candidat. Très protocolaire, elle peut pourtant révéler un trait de votre personnalité, un sentiment, faire passer un message. Regardez la première poignée de main entre Emmanuel Macron et Donald Trump, elle aura fait couler beaucoup d’encre ! Etudiée, disséquée, interprétée, chacun y est allé de sa petite analyse. Les journaux américains auraient ainsi avancé que le Président français avait « signalé par sa ferme poigne à son homologue américain qu'il n'était pas le seul mâle alpha [dominant] dans la pièce ». En effet, une simple poignée de main peut permettre d’établir un rapport dominant-dominé. Bien entendu, en tant que recruteur, il faut éviter d’entrer dans ce jeu-là. Tout d’abord parce qu’être recruteur ne signifie pas être supérieur, mais aussi car vous devez instaurer un climat de confiance avec le candidat. Il conviendra ainsi de trouver un juste équilibre. Voici quelques indications sur la signification de ce geste pas si anodin :

  • La poignée de main molle : la personne est timide, n’ose s’affirmer
  • La poignée de main trop ferme : la personne veut montrer sa supériorité ou en fait trop
  • La poignée de main fuyante : la personne éprouve de la peur, du mépris ou du dégoût

Le conseil des pro : une poignée de main (droite bien-sûr !) franche et appuyée (mais pas trop), sans trop s’approcher du candidat. La prise doit être complète, la paume sèche et le contact visuel maintenu. Un sourire naturel n’enlèvera rien à ce premier contact, au contraire.

giphy (11).gif

#3. Connectez-vous au candidat plutôt qu’à votre téléphone

L’entretien peut commencer, vous êtes confortablement assis, votre téléphone est posé sur le bureau…et soudain, il sonne. Que faire ? De la même façon que vous ne tolérez pas qu’un candidat réponde au téléphone pendant un entretien, il paraît évident que vous n’en fassiez pas autant. De plus, avoir les yeux rivés sur votre précieux signifiera que vous n’êtes pas 100 % disponible dans cet échange. Cela peut même être vécu par certain candidat comme une provocation ou comme l’établissement d’un rapport de force. L’entretien est un échange entre deux protagonistes : vous vendez un poste, une expérience candidat, votre entreprise, le candidat vous vend son savoir-faire, son savoir-être. Vous avez tous les deux un véritable intérêt à communiquer dans le respect, pour vous convaincre mutuellement. Et vos gestes, vos comportements en sont partie intégrante.

#4. Les gestes qui peuvent mettre un candidat mal à l’aise 

Pour certains recruteurs, essayer de déstabiliser un candidat est un but. Tester sa résistance au stress, évaluer sa capacité à rebondir, cela peut bien sûr être légitime dans le cadre d’un entretien d’embauche mais attention à ne pas vouloir trop vite mettre le candidat dans une position délicate. Et pour cause, physiologiquement, nous avons trois cerveaux : le premier est le reptilien, celui lié à la survie. Si votre interlocuteur ne sent pas en sécurité à votre contact, la communication sera immédiatement rompue et il dressera naturellement des barrières de protection invisibles. En clair, il passera l’entretien sur la défensive. Peu de chance alors qu’il veuille rejoindre votre entreprise. Vous devez rassurer votre interlocuteur pour activer le deuxième cerveau, le limbique, celui des émotions. Pour cela, il convient d’éviter certains gestes qui pourraient mettre votre candidat mal à l’aise :

  • Le regard : trop fixe ou trop insistant, il pourra oppresser le candidat. Au contraire, fuyant, il indiquera que vous vous ennuyez ou que vous ne lui portez aucune considération.
  • Les sourcils : froncés, ils sont le signe du désaccord et traduisent parfois un sentiment agressif ; levés au ciel, ils traduisent l'étonnement ou une gène.
  • Les bras : croisés, ils sont le signe que vous n’êtes pas ouvert à l’échange (sauf bien-sûr si vous avez froid).
  • Les mains : jouer avec un stylo ou pianoter sur le bureau sont des signes d’impatience ou une façon détournée de signifier votre manque d’intérêt pour votre interlocuteur.

Créer des émotions positives chez votre candidat permet alors de toucher le troisième cerveau, le cortex, celui de l’analyse et de l’intelligence. Ce n’est qu’en activant celui-ci que vous arriverez à convaincre le candidat d’analyser votre proposition, de se projeter dans votre entreprise et de parvenir à une décision réfléchie.

#5. Conclure en toute transparence ?

L’entretien touche à sa fin. Le candidat ne vous a pas convaincu. Au cours de vos échanges, il aura sans doute pu percevoir certains signes avant-coureurs de votre décision (vous avez écourté la discussion, vous avez manifesté des signes d’impatience ou fait part de votre désaccord sur certains points). S’il n’a pas capté ces différents signaux, une seconde occasion s’offre lui, au moment de prendre congé. En effet, plusieurs signes trahissent le mensonge : vous évitez tout contact visuel ou, au contraire, pour contrebalancer vous fixez le candidat sans cligner des yeux, vous parlez avec une main devant votre bouche ou vos deux mains se dirigent naturellement dans votre dos, vous avez un mouvement de recul au moment de lui serrer la main ou encore vous esquissez un sourire forcé. Autant de signes qui en disent long sur vos intentions futures.

En conclusion, ne reproduisez pas les gestes qui vous agacent. En revanche, un candidat qui aura tendance à faire les mêmes gestes que vous signifie qu'il se sent bien et que l'échange est concluant. Alors, serez-vous le miroir de vos candidats ?

Posté par Julie Atlan
le 5 décembre 2017

Catégories
entretien d'embauche , expérience candidat , Article

Suivez-moi sur :

SOYEZ LE PREMIER À COMMENTER

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevez nos conseils
et actualités RH par Email

New Call-to-action

Nos ressources RH (LB, eBook, …)

New Call-to-action
New Call-to-action
New Call-to-action
New Call-to-action