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Arrêtez de vouloir recruter des ninjas et des évangélistes !

Ninja du recrutement, princesse de la com’, product evangelist, propulseur d’idées… vous les avez sans doute déjà croisés sur les réseaux sociaux, ces adeptes du job naming. Ils sont le reflet d'une tendance : celle d'être toujours plus créatif dans son titre. Recruteurs, vous voici donc face à un nouveau dilemme ! Comment choisir les intitulés de postes ouverts qui draineront assez de candidatures – qualifiées – et qui permettront aux futurs collaborateurs d’identifier globalement les missions associées ? L’exercice n’est pas simple quand il s’agit d’être un peu innovant ! Simplement parce que la notion de « un peu » n’est pas interprétée de la même façon par tous… car à quel point faut-il être créatif ?

Il est fini le temps de la standardisation des emplois. Vous savez ce temps où il suffisait de mentionner son titre pour que n’importe quel interlocuteur (ou presque) comprenne les tenants et les aboutissants du poste. Commercial, ingénieur informatique, chef de projet marketing, ces intitulés ont laissé progressivement la place aux « account executive », aux « data architect » ou encore aux « évangélistes de marque ». Le PDG est devenu CEO, le directeur technique CTO et les acronymes se multiplient, à tel point que les comités de direction deviennent un conclave de « chief officers » en tout genre ! Car oui, l’anglais s’est infiltré dans les entreprises, qui vont jusqu’à en adopter les terminologies de poste. Dans une économie globalisée, difficile de passer à côté ! Alors comment choisir le bon intitulé, celui qui saura à la fois parler au plus grand nombre mais aussi – et surtout – attirer les meilleurs profils ? Au jeu de celui qui sera le plus inventif, qu’y-a-il vraiment à gagner ?

#1. Oubliez les standards !

Le recrutement sur internet a modifié les comportements et fait évoluer les pratiques. L’intitulé est devenu un élément clé d’attraction pour les candidats qui recherchent les offres sur la toile ! Le postulat est simple : aujourd’hui avec un intitulé de poste trop vague, votre offre d’emploi se retrouvera noyée parmi tant d’autres sur les moteurs de recherche d’emplois. Car des "commerciaux" par exemple, le tissu économique français en recherche des milliers. Conséquence directe de cela, avec ce simple qualificatif, vous ne suscitez pas l’intérêt chez les potentiels candidats et votre offre passe inaperçue – à moins que vous ne vous appeliez LVMH, Bouygues, BNP Paribas ou L’Oréal, entre autres entreprises qui figurent dans le top 10 des employeurs les plus attractifs selon une étude LinkedIn. Alors, pour certaines, finis les intitulés trop simples ou généralistes, on tâtonne, on ose des formules qui interpellent, parfois déroutent, voire qui font sourire.

#2. Entre attraction et poudre aux yeux

Nous l’avons déjà évoqué dans un article précédent : pour attirer les bons profils il faut rédiger une offre d’emploi en bonne et due forme. Mais avant cela, rappelez-vous d’une chose : l’intitulé du poste est le premier élément que les candidats vont retenir. Comme pour un magazine, un titre doit être accrocheur. Attention, il doit toutefois tenir ses promesses pour ne pour ne pas créer de déception chez le potentiel candidat. En effet, on a vu des postes à l’intitulé qui faisait rêver mais pour lesquelles la réalité était bien éloignée. Il en va de votre crédibilité et de la valeur de votre marque employeur. 

Lire l'article Rédiger une offre parfaite : les do et les don't. 

Mais un intitulé de poste créatif, ça sert à quoi ? Si on en croît les conclusions de l’étude de Dan Cable, professeur à la London Business School, les intitulés de poste créatifs permettraient de doper le recrutement et seraient vecteurs de bien-être pour les employés. "Ils sont le reflet de ce que nous sommes". En effet, selon lui, les mauvais intitulés ne permettent pas d’attirer les meilleurs postulants. De la même manière, faire remodeler les titres de poste par les collaborateurs eux-mêmes les aiderait à retrouver du sens dans le travail et à être plus facilement liés à leur entreprise. C'est le cas chez Google par exemple, où les collaborateurs choisiraient leur intitulé de poste en fonction de leurs missions quotidiennes. Lazlo Block, ancien DRH du géant, était lui-même appelé "People Opérations".

#3. Recruteurs, n’allez-vous parfois pas un peu loin ?

Aux États-Unis, the New Republic a listé 15 postes aux intitulés absurdes : on y trouve un Digital Prophet, un Chief Inspiration Officer ou encore un Dream Alchemist. Nous ne sommes pas épargnés en France puisque sur LinkedIn ont été repérés un magicien du pipeline, un facilitateur d’intelligence collective, un propulseur de la transformation numérique, ou encore un évangéliste RH. Probablement des intitulés de poste imaginés par les concernés en dépit des recommandations du réseau social à être créatif dans la description de son poste, pas de son intitulé. Mais pas que ! En effet, ces dernières années, une multitude de postes aux intitulés originaux ont fleuri - plus 22% selon une étude Joblift entre 2015 et 2016 ! Et les entreprises et particulièrement les recruteurs n’y vont pas de main morte. C’est ainsi que l’on a vu apparaître des Ninjas, des Jedis, des Padawans ou encore des Héros, assimilés tantôt à des développeurs, tantôt à des responsables marketing ou encore à des commerciaux. C’est à n’y rien comprendre… D’autant qu’à vouloir faire de chacun des super-héros, les entreprises prennent le risque d’effrayer ou de décevoir quant au niveau de responsabilités, de se priver de profils seniors pour qui « être un Ninja » n’aurait aucun sens ou encore de donner une image de l’entreprise bien différente de ce qu’elle est en réalité. Pour certaines entreprises - et pas que des start-up ! - pourtant, l'idée est assumée et a pour but de recruter un certain type de candidats, quitte à ce que l'offre ne soit pas visible par le plus grand nombre. 

Pour résumer, voici quelques règles auxquelles doivent répondre les intitulés de poste efficaces :

Les do :

  • Soyez spécifique : n’hésitez pas à intégrer des termes techniques relatifs aux outils ou technologies devant impérativement être maîtrisés pour un poste – ex : Java, InDesign, Photoshop…
  • Soyez descriptif : ne vous contentez pas d’un terme générique et n’hésitez pas à l’assortir du type de missions – ex : responsable RH relations écoles
  • Soyez informatif : si une information est capitale comme la localisation du poste ou le type de contrat
  • Soyez concis (les intitulés courts sont favorisés par les moteurs de recherche)
  • Utilisez le singulier, le candidat appréciera de ne pas se sentir un parmi d’autres même si vous recherchez plusieurs consultants par exemple. 

Les don’t :

  • Éviter les titres internes qui ne parlent qu’à vous !
  • Éviter les titres qui ne veulent rien dire !
  • Oubliez le jargon spécifique à votre entreprise
  • Les acronymes sont à utiliser avec modération (uniquement les plus courants)

En somme, n’hésitez pas à sortir des sentiers battus, ne collez plus aux standards que les candidats sont lassés de voir mais ne vous éloignez pas trop de ceux imposés par les moteurs de recherche qui restent encore très normés. Mettez-vous à la place du candidat et demandez-vous ce qu’il sera susceptible de taper lors de ses recherches ! Pour autant, il vous restera la liberté de remodeler ces titres en interne pour des collaborateurs en quète de sens ou pour affirmer votre image de marque.

Vous voulez quelques idées pour l'interne ? Consultez le générateur de titres : http://siliconvalleyjobtitlegenerator.tumblr.com/

Crédit photo : iStock 

Posté par Julie Atlan
le 27 février 2018

Catégories
recrutement , offre d'emploi , Article

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