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4 idées reçues sur l’IA dans le recrutement

Elle faisait partie des quatre tendances majeures identifiées pour 2018 au niveau mondial selon l’étude LinkedIn Global Recruitment Trends : l’intelligence artificielle, qui fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit d’ailleurs sans doute de la transformation la plus radicale que vont avoir à appréhender les ressources humaines dans les années à venir. Alors déconstruisons ensemble quelques idées reçues qui lui collent à la peau.

Qu’on se le dise, l’intelligence artificielle interroge. Elle fait peur, elle intrigue, elle fascine et elle déchaîne les passions. Il y a ceux qui la défendent bec et ongles et ceux qui lui barreront la route coûte que coûte. « Ce n’est quand même pas un robot qui va me voler mon job ! », « l’IA déshumanise toute forme de relation », elles sont nombreuses les idées reçues qui viennent ternir son image. « L’intelligence artificielle réplique la pensée humaine », « l’IA est 100 % artificielle », et ils sont récurrents les abus de langage qui conduisent à ces idées reçues. Méconnaissance, incompréhension, et si l’IA s’avérait être en fait une chance à saisir ?

#1. L’intelligence artificielle est dangereuse

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Pour beaucoup d’entre nous, l’intelligence artificielle souffre d’une image – souvent véhiculée par les films de sciences fictions – qui peut être effrayante. Pourtant, dans la réalité nous n’apprenons pas encore aux machines à penser comme les humains. La pensée, toute la nuance est là.

Il existe en effet deux catégories d’intelligence artificielle : l’une dite faible, et l’autre dite forte. La première n’est pas dotée de conscience ou d’esprit et se concentre sur la réalisation de tâches précises. Elle se construit sur un processus d’apprentissage à partir d’un volume conséquent de données qui vise à automatiser les calculs et les processus de décisions complexes. La seconde, qui s’attacherait à répliquer la pensée et les émotions humaines, est celle qui pourrait à juste titre inquiéter. Mais bonne nouvelle ! Seule l’intelligence faible est aujourd’hui opérationnelle. Car avant de pouvoir la reproduire, encore faudrait-il que nous soyons parfaitement en mesure de comprendre et d’analyser l’intelligence humaine.

FAUX - Nous sommes encore loin de l’hégémonie des machines sur l’humain.

#2. Mon job de recruteur va disparaître au profil d’une intelligence artificielle

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L’une des plus grandes menaces concernant l’IA est qu’elle vous remplace. L’étude LinkedIn évoquée en introduction souligne que « 14 % des professionnels de l’acquisition de talents craignent qu’elle ne fasse disparaître leur emploi ». En effet, nous entendons souvent dire qu’avec l’IA appliquée au recrutement c’est le métier qui est menacé ! Mais revenons à l’ambition première du développement d’une intelligence artificielle si vous le voulez bien : automatiser les tâches complexes et chronophages. Or, dans la large palette des missions du recruteur, toutes ne sont pas automatisables, tout simplement parce que le cœur du métier : c’est l’humain. Il s’agit d’un moyen et non d’une fin qui pourrait bien au contraire revaloriser l’aspect stratégique du recrutement.

FAUX – Le recruteur ne cédera pas sa place à une machine.

D’une manière plus globale, en mai 2016, l’OCDE publiait un rapport dans lequel il est écrit que « seuls 9 % des emplois en France présenteraient un risque de substitution élevé par l’intelligence artificielle ». Il est vrai que certains métiers vont être amenés à disparaître, notamment ceux qui ont un fort potentiel d’automatisation et pour lesquels la valeur ajoutée humaine est faible. Mais ils seront, comme à chaque révolution technologique passée, remplacés par d’autres – marque d’une mutation et non d’une disparition. C’est ainsi la volonté derrière la nouvelle réforme de la formation professionnelle de préparer tout un chacun aux métiers de demain en ayant la possibilité de se former tout au long de sa carrière professionnelle – en somme évoluer vers une société de compétences.

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#3. L’IA déshumanise le recrutement

Qu’est-ce qui fait aujourd’hui qu’un candidat trouve un recruteur peu « humain » ? Cela peut être parce que celui-ci, faute de remplir les critères nécessaires pour un poste ne recevra qu’un mail automatique dépourvu de sentiments. Ou bien parce que sur la base d’un diplôme ou d’une expérience trop maigre, le recruteur se sera contenté d’écarter sa candidature. Ou enfin parce qu’entre le premier contact eu avec la RH et l’entretien face-à-face se sont écoulés presque 2 mois ! Mais comment en est-on arrivé là ? Le recruteur aujourd’hui fait face à tout un ensemble de tâches qui font que des semaines de 35 heures ne suffisent plus.

Avec la fin du post-and pray, l’attractivité et l’expérience candidat font partie de l’équation et incluent de passer du temps sur son image employeur, bien plus qu’auparavant. Ainsi les tâches les plus chronophages comme la collecte des CV, le tri ou bien la présélection des candidats pourront être automatisées grâce à l’intelligence artificielle et le recruteur aura plus de temps à consacrer à celles dites à forte valeur ajoutée humaine comme la rencontre et l’évaluation des candidats.

Parce que certains de ces algorithmes sont entraînés à répliquer la prise de décision d’un recruteur dans une situation donnée et en fonction d’un nombre de critères bien définis, ils ont alors des capacités d’analyse plus rapides et plus efficaces qu’un humain.

NON – le recrutement ne sera pas moins humain avec l’intelligence artificielle, au contraire.

#4. L’IA va nous faire entrer dans le monde des clones

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Il faut dire que la récente bévue d’Amazon avec son intelligence artificielle qui discriminait les candidatures de femmes à l’embauche n’a pas aidé. En effet, le géant américain avait développé une intelligence artificielle pour trier les CV. Or, sur les postes techniques, très vite le constat fut que les profils masculins étaient largement favorisés. Pourquoi ? Et bien parce que cette intelligence artificielle n’avait été entraînée que par des hommes, répliquant ainsi leurs biais et leur tendance à recruter plus... d'hommes ! (plus d'infos ici)

Une IA est entraînée à la décision à partir d’un très grand volume de données justement dans le but de gommer les biais cognitifs qui sont en chacun de nous. Bien utilisée, l’intelligence artificielle peut donc être un facteur de diversité dans le recrutement puisque les critères observés sont objectifs. Encore faut-il qu’elle soit bien entraînée, pas uniquement sur les décisions des recruteurs en interne mais sur une plus large base. N’oublions pas que c’est l’humain qui définit la façon dont la machine va apprendre

NON – l’IA ne recrutera pas que des clones

En conclusion, il ne s’agirait par de freiner ainsi le progrès par frilosité même s’il reste louable d’évaluer les risques et les opportunités surtout lorsqu’il s’agit de la prise de décision qui incombait jusqu’ici à l’humain. Pour citer Erwann Tison dans Les Echos (source), directeur des études de l’Institut Sapiens « certains réactionnaires militent pour sauver des emplois […] ils auraient été de ceux qui auraient refusé que l'eau courante soit installée dans les centres-villes, sous prétexte que cela allait détruire les emplois des porteurs d'eau. »

 Vous voulez découvrir une première façon d'automatiser vos processus de recrutement avec un peu d'IA ? 

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Crédit photos : iStock, Giphy

Posté par Julie Atlan
le 4 décembre 2018

Catégories
intelligence artificielle , Article , entretien vidéo différé , présélection

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