cooptation, trouver le bon équilibre

La cooptation : trouver l'équilibre

Après avoir observé les bienfaits du recrutement collaboratif sous plusieurs angles, nous nous permettrons une digression sur le recrutement participatif. En chef de file, la cooptation fait de plus en plus d’adeptes car elle dispose de précieux avantages. Quoi de plus naturel en effet que de s’appuyer sur des collaborateurs aux réseaux de plus en plus larges, et dont la volonté de s’impliquer dans les processus de recrutement grandit à mesure que l’attachement à la société est fort. Pourtant à l’heure où l’on prône la diversité, la cooptation ne va-t-elle pas trop à contre-courant, créant des tribus quelques peu consanguines ? Retour sur un mode de recrutement qu’il faut savoir manier habilement.

#1. Quand les réseaux changent la face du recrutement

La logique du recrutement était basée sur un adage simple : les managers cherchent des profils spécifiques, les recruteurs savent où les trouver. Mais le paradigme serait-il en train de s’inverser ? Avec l’émergence des réseaux sociaux, pour la première fois depuis des dizaines d’années, le métier doit faire face à des transformations profondes. La preuve en est, les salariés chassent leurs futurs collaborateurs sur la toile et les candidats osent y interpeler directement leurs potentiels managers ! Pourquoi ? Parce qu’avoir fait la même école, suivi la même formation ou avoir travaillé dans une entreprise commune pendant plusieurs années, ça crée des liens ! Cette proximité digitale n’a donc fait que renforcer la valeur de ce que les recruteurs ont de plus précieux : le vivier de candidats ! Il ne tient donc qu’à vous d’en tirer meilleur parti. Ainsi, intégrer le recrutement participatif à au processus est devenu une démarche incontournable, et ce quelle que soit la taille ou le secteur de votre entreprise. En effet, vos managers sont les mieux placés pour identifier les bons profils. Ils sont autant de points de contact vers l'entreprise. Votre rôle ? Encourager la démarche, les former et les outiller pour rendre la cooptation efficiente. Il n’en demeure pas moins que le recruteur que vous êtes reste le garant de la compatibilité des profils proposés avec l’entreprise. Serions-nous en train de nous diriger vers un nouveau modèle, le manager au sourcing et le recruteur à la sélection ?

La cooptation en 3 chiffres

Image1-2.png

#2. Faîtes de vos salariés des ambassadeurs 

La cooptation, outre des avantages évidents liés au coût du recrutement et à une efficacité redoutable (près d’un profil recommandé sur deux sera embauché), dispose d’une série d’atouts qui en fait l’un des canaux de recrutement préférés des équipes RH en 2017. Et des collaborateurs ! Non que le fait d’intégrer un proche, un ancien collègue constitue un aspect suffisamment attrayant pour ces derniers, la prime souvent offerte à la clé est un levier d’engagement fort. N’oublions pas qu’ils sont la porte ouverte sur l’entreprise, les mieux placés pour parler des postes, de l’atmosphère qui règne en interne. Ainsi, la cooptation a ce pouvoir subtil de transformer vos collaborateurs en promoteurs. Mieux, en ambassadeurs ! Car comme le dit si bien la publicité d’une grande banque en ligne : "avez-vous déjà eu envie de recommander quelque chose de moyen ?" Pour le candidat, se voir recommander une entreprise par un proche est un gage de confiance et une façon d’accéder en priorité à des postes dont les offres n’ont pas nécessairement été diffusées. À l’inverse, pour l’entreprise, la cooptation est une assurance de recevoir des candidatures qualifiées, voire d’accéder à des candidats déjà en poste. De plus, lorsqu’un collaborateur présente un candidat, il y a de fortes chances pour que celui-ci partage ses valeurs et qu’elles soient proches de celles de l’entreprise. Finalement, c’est la garantie de voir ses collaborateurs rester plus longtemps, de véhiculer une image positive auprès des candidats et bien entendu de limiter les erreurs de casting tant redoutées. En somme, un taux de cooptation fort permet d’établir un constat limpide : l’entreprise est attractive, ses collaborateurs s’y sentent bien, et ils s’appliquent à ce qu’elle le reste en participant à l’effort du recrutement. Mais jusqu'à quel point ?

#3. Ne faîtes pas de votre entreprise une confrérie

Grâce à la cooptation, vous pouvez ainsi accélérer vos recrutements, le salarié qui vous recommande un candidat ayant déjà effectué une partie de la présélection pour vous. Vecteur d’économies, vous pourriez toutefois être tenté de l’utiliser à outrance. Et votre entreprise pourrait bientôt ressembler à une amicale d'anciens élèves, un  groupe d'alumnis d’une grande école de commerce ou d'ingénieurs, à un réseau d’afficionados partageant tous la même passion… bien loin de la diversité source de performance tant attendue ! Car en dépit de ses avantages, la cooptation recèle aussi quelques inconvénients ou points de vigilance qu’il convient d’observer avec attention.

  • Ne pas abuser de la cooptation – idéalement ne pas dépasser un tiers des recrutements – pour ne pas courir le risque d’endogamie.
  • En cas de surreprésentation d'une formation, n'hésitez pas à poser des limites quant à la provenance des candidatures proposées.
  • Ne pas confondre avec le pistonnage ! Tous les candidats seront traités avec la même attention, il ne s’agit donc pas de faire du favoritisme.
  • Ne pas confondre avec le copinage ! Un candidat ne doit pas être présenté compte tenu l’affection que lui porte le collaborateur mais pour ses compétences.

Il est donc évident que pour porter ses fruits, cette pratique doit être encadrée. Car la cooptation ne s’improvise pas. Non seulement les règles d’usage doivent être précisées clairement à tous les salariés de l’entreprise (montant des primes, mode de distribution – traditionnellement elle est divisée en deux, une partie est versée à l’embauche, l’autre à la fin de la période d’essai, procédure à suivre pour présenter une candidature…) mais la communication doit également être régulière sur les postes ouverts et les postes pourvus. Pour autant, il ne faut pas se mettre de barrières : si elle fonctionne particulièrement bien pour les postes où les recruteurs peinent à trouver des candidats, la cooptation peut s’adapter à tout type d’entreprise et pour tout type de poste. À vous maintenant de trouver l'équilibre.

Crédits photo : iStock

Posté par Julie Atlan
le 30 janvier 2018

Catégories
recrutement collaboratif, cooptation

Suivez-moi sur :

SOYEZ LE PREMIER À COMMENTER

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Recevez nos conseils
et actualités RH par Email

New Call-to-action

Nos derniers articles

Nos ressources RH (LB, eBook, …)

New Call-to-action
New Call-to-action
New Call-to-action
New Call-to-action